iron Graziella

Quelques tranches de viande pas toujours très fines enrobées d'un boyau de poésie.

28 juin 2008

six heures soixante six

urinoire_vatican

J'ai encore merdé...
Super... J'ai confondu prendre ses devants et tout foutre en l'air...
C'est moche, je n'ai aucune parole, surtout quand elle n'engage que moi.
T'es toute seule maintenant, avec ta fierté qui t'assèche...ha ha ha...
On commençait seulement à baiser correctement, il m'a même portée la dernière fois.
On a jouit ensemble, avant de nous écrouler, rassasiés, sur sa couette rayée...
Ensuite j'avais faim, il a dit je vais chercher une connerie à bouffer et il est revenu, une heure plus tard avec des poulpes et de la Feta, une bouteille de rosé pour l'apéro et un "Four Roses" bourbon pour si on voulait plus tard...
Ca m'a excitée mais il avait plus envie.
On a bu le rosé avant de manger.
Il y avait un truc marrant à la télé et on a rigolé comme des cons parce qu'on était vachement contents d'avoir aussi bien baisé.
J'ai sucé un énorme poulpe et croqué dans la tomate à l'huile d'olive, il faisait très chaud dans son appartement et nos peaux brillaient de gras et de sueur.
Veux tu m'épouser?
Oui je le veux mon Amourrrrrrrrrrrrrrrrr......
Il m'a réveillée, à force de picoler je suis un peu narcoleptique, comme les enfants qui s'emmerdent ouvertement.

C'est dur, je m'emmerdais pas vraiment,c'set juste que j'avais hâte d'entamer le Bourbon...

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26 juin 2008

Rendormez vous.

Image_2

Les lâches forment une communauté inerte, majoritaire, une force tranquille qui regarde paisiblement les courageux s'emboîter la chair... Ils ne trouvent pas ça beau, ils préfèrent leur place, c'est tout.

Mon sens exacerbé de la logique m'a souvent conduite à l'extrémité de ma queue.
Dans ces cas là je la mordille bêtement, pour matérialiser ma rencontre
avec ma connerie.

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17 juin 2008

aquatic grave

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Une piscine verte,recouverte de plusieurs automnes,
surmontée d'un plongeoir,
d'où ne saute plus personne...
Un petit escalier y trempe ses marches inutiles...
Tout est resté au fond, en face, le ciel est vide
et qui contient pourtant toutes les vapeurs du monde.
La mémoire décantée, fondue d'ombres liquides, des cheveux dans la soupe...
Double salto arrière, j'humecte un doigt et le porte à ma bouche,
toutes les saveurs sont là.
Tandis que les images s'affolent au milieu des feuilles mortes,
je traverse le temps.
Mes sens sont périmés.
Revivre le passé c'est vivre la vie d'un autre,
on ne se rencontre jamais.
Et puis cet arbre planté au bord, si petit autrefois,
s'élève au dessus de ces ondes
comme une croix végétale.

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10 juin 2008

Picpusdouxièmearrondissement

sand_castle

"Les enfants poussent dans des cimetières d'éléphants..."

Dans un complexe des plus radicalement calmes...avec des blocs de dix étages au lino ciré quatre fois par jour, aux boîtes aux lettres pleines de toiles d'araignées...Le Paradis des vieux, dont l'activité principale se résume à observer la vie trépidante des chats du quartier...ou celle, carrément inadmissible des moins de quarante ans: les Jeunes.
Les vioques ils se rassemblent dans les entrées d'immeuble...Pour dire du mal...parce que la méchanceté est un anabolisant, qu'elle leur donne l'impression qu'il vivront plus longtemps, encore plus longtemps que les jeunes... Et pourtant si proches de la fin que même une tranquille nostalgie ne les stimule plus...J'ai connu les deux guerres...tu parles d'un panard...Ici on voit pas jouer les enfants parce que la peur de l'autre est bien souvent Réciproque. C'est la guerre, encore... Et la jeunesse est frêle...
Ils ont l'ombre poreuse... ces satanés vioques, à moins que cela ne relève d'un autre saint...
Ils se retournent souvent pour vérifier qu'elle est bien là, à les suivre, comme le pauvre chien décédé l'an passé...Ils n'y voient plus grand chose et ça les rend furax de ne pas savoir s'ils existent encore...Ils pètent dans les ascenseurs...Le pet du vieux est différent, il sent la maladie...

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05 juin 2008

Il est impossible d'avoir plus peur, d'être plus fragile et désespérée que je ne le suis maintenant...
Mais je l'admets...
Ne plus s'attendre au pire a quelque chose d'allégeant.
L'Enfer est passé, comme ce dernier hiver auquel je ne pensais pas survivre.
Je peux enfin caresser mon esprit, passer mon bras autour de son cou... Me reposer un instant,
lui demander mon chemin.
Le fond de la piscine m'a dit: "je ne te retiens pas."
et je me suis réveillée chez toi.


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